Avant le Yam’s : les dés qui imitent le poker
L’idée de lancer plusieurs dés pour former des combinaisons est ancienne. Bien avant le Yam’s, on jouait au poker d’as, avec des dés marqués comme des cartes, en cherchant paires, brelans, fulls et carrés. En Amérique latine, la generala repose sur le même principe. Un jeu appelé Yacht, très proche, figurait aussi dans certains livres de règles de jeux.
Tous ces jeux partagent la même mécanique : on lance, on garde les dés qui nous plaisent, on relance les autres, et on vise une combinaison. Ce qui va faire la différence du Yam’s, c’est sa feuille de score.
Un couple, un yacht, et Edwin Lowe
L’histoire la plus racontée est celle-ci : dans les années 1950, un couple canadien jouait à un jeu de dés de son invention sur son bateau, le « jeu du yacht ». Il aurait demandé à Edwin S. Lowe, un fabricant de jeux de New York, d’imprimer des feuilles de score pour l’offrir à des amis. Lowe a racheté l’idée et l’a lancée en 1956 sous le nom de Yahtzee, un clin d’œil au yacht d’origine.
Les débuts auraient été timides : un jeu qu’il fallait expliquer, donc difficile à vendre en boîte. On raconte que Lowe a alors organisé des soirées pour y faire jouer, et que le bouche à oreille a fait le reste. Le jeu appartient aujourd’hui à Hasbro et se vend dans le monde entier. Détail amusant : le même Edwin Lowe a aussi beaucoup fait pour populariser le bingo aux États-Unis. On en parle dans notre article sur l’histoire du keno et du bingo.
En France, le Yam’s
En France, le jeu s’est surtout répandu sous le nom de Yam’s (ou Yams), avec des feuilles de score faites maison, souvent sur un coin de nappe. On ne sait pas très bien d’où vient ce nom français. Ce qui est sûr, c’est que les règles varient d’une famille à l’autre : certains jouent les cases dans l’ordre, d’autres ajoutent des cases « plus » et « moins », d’autres encore notent le Yam’s sec, réussi du premier coup.
La grille classique
Le Yam’s complet de Banana Games, celui qu’on joue en duel, suit la grille la plus répandue, en 13 tours :
- En haut, six cases : les As, les Deux… jusqu’aux Six. Chaque case compte la somme des dés de cette valeur.
- La prime : 63 points en haut rapportent 35 points de bonus. Pourquoi 63 ? C’est exactement trois dés de chaque valeur : 3 × (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6) = 63.
- En bas : brelan et carré (la somme des dés), full 25, petite suite 30, grande suite 40, Yam’s 50, et la chance, qui accepte n’importe quoi.
À chaque tour, tu as droit à trois lancers au total, puis tu dois inscrire ton résultat dans une case libre, quitte à y mettre zéro. Toute la stratégie est là : savoir quand sacrifier une case pour en protéger une autre.
Les vraies chances au premier lancer
Cinq dés à six faces donnent 6⁵ = 7 776 lancers possibles, tous aussi probables. En les comptant, on obtient les chances de chaque combinaison du premier coup :
- Yam’s (cinq dés identiques) : 6 lancers sur 7 776, soit 1 chance sur 1 296.
- Carré exactement : 150 lancers, environ 1,9 %.
- Full : 300 lancers, environ 3,9 %.
- Grande suite (1-2-3-4-5 ou 2-3-4-5-6) : 240 lancers, environ 3,1 %.
Avec les deux relances, tout change. Si tu vises le Yam’s en gardant toujours le plus grand groupe de dés identiques, tu le réussis environ 4,6 % du temps, à peu près une fois sur 22. Pas si rare, finalement, pour une combinaison qu’on fête à chaque fois. Si tu veux voir le calcul pas à pas, il est dans notre article sur « 1 chance sur N ».
Le Yam’s Express
Sur Banana Games, il existe aussi une version courte, le Yam’s Express : une seule main de cinq dés, deux relances, et ta main paie le multiplicateur de sa meilleure combinaison (full ×1, carré ×1,5, grande suite ×2, Yam’s ×10). Le brelan et la petite suite ne paient rien. Le jeu calcule pour toi le meilleur choix de dés à garder, et te le signale.
Et si tu veux retrouver la vraie tension des parties en famille, le Yam’s complet se joue en duel : chacun lance ses propres dés, la meilleure feuille l’emporte.