Pascal, inventeur ? Une belle légende
On lit souvent que Blaise Pascal aurait inventé la roulette au XVIIe siècle, en cherchant à construire une machine à mouvement perpétuel. C’est une jolie histoire, et Pascal est bien l’un des pères du calcul des probabilités, avec sa correspondance célèbre avec Pierre de Fermat sur le partage des mises. Mais rien ne prouve qu’il ait imaginé le jeu lui-même. Il faut la ranger parmi les légendes.
Le nom, lui, est clair : « roulette » veut dire « petite roue » en français. Le jeu tel qu’on le connaît apparaît à Paris à la fin du XVIIIe siècle, sans doute héritier de jeux de roue et de billes plus anciens. Les premières roulettes comptaient déjà des cases spéciales qui ne paient pas les mises ordinaires : un zéro, et souvent un double zéro.
Les frères Blanc et le zéro unique
Au XIXe siècle, la France interdit les maisons de jeu à la fin des années 1830. Les exploitants partent ailleurs, notamment en Allemagne, dans les villes d’eaux. C’est là, à Bad Homburg, que deux frères français, François et Louis Blanc, proposent dans les années 1840 une roulette avec un seul zéro. Moins de cases perdantes pour les joueurs : leur table attire du monde, et l’idée fait école.
François Blanc s’installe ensuite à Monaco, où il prend la tête de l’établissement de Monte-Carlo dans les années 1860. La roulette à un zéro devient la norme en Europe. Aux États-Unis, en revanche, le double zéro est resté : c’est la « roulette américaine », avec 38 cases.
666, la roue du diable
Additionne tous les numéros d’une roulette, de 0 à 36 : tu obtiens 666. C’est un fait mathématique (36 × 37 ÷ 2 = 666) qui a valu au jeu le surnom de « roue du diable », et nourri au passage quelques légendes sur François Blanc. Le hasard, lui, n’a rien de diabolique : chaque case a la même chance que les autres.
Ce que change le zéro
Voilà le cœur de l’affaire. Sur une roulette européenne, il y a 37 cases. Ton numéro a donc 1 chance sur 37 de sortir. Mais un plein, dans une salle de jeu classique, ne paie que 36 fois la mise (35 de gain, plus la mise rendue). Sur 37 coups, en moyenne, tu en gagnes un et on te rend 36 : il manque un jeton. C’est l’avantage de la maison, 2,7 % de chaque mise.
Avec deux zéros, la roulette américaine a 38 cases pour le même paiement : l’avantage monte à 5,26 %. Le double zéro coûte donc presque le double au joueur. C’est pour ça que la trouvaille des frères Blanc a eu tant de succès : elle divisait par deux ce que coûtait chaque bille.
Les mises « simples » (rouge ou noir, pair ou impair, manque ou passe) couvrent 18 cases, pas 19 : le zéro n’est ni rouge ni noir, ni pair ni impair au sens du jeu. Elles gagnent donc 18 fois sur 37, et paient ×2 dans une salle classique. Certaines tables appliquent la règle du « partage » : quand le zéro sort, on ne perd que la moitié d’une mise simple, ce qui réduit l’avantage de la maison sur ces mises.
Les mises, une par une
Une mise qui couvre n numéros a n chances sur 37. Les principales :
- Plein : 1 numéro, 1 chance sur 37.
- Cheval : 2 numéros voisins, 2 chances sur 37.
- Transversale : une rangée de 3 numéros, 3 sur 37.
- Carré : 4 numéros, 4 sur 37.
- Sixain : deux rangées, 6 sur 37.
- Douzaine : 12 numéros, 12 sur 37.
- Chances simples : 18 numéros, 18 sur 37.
La roulette de Banana Games : la vraie cote
Sur Banana Games, la roulette est européenne, à un zéro, mais avec une différence de taille : chaque mise paie sa vraie cote. Le plein paie ×37, le cheval ×18,5, la douzaine ×3,08, une chance simple ×2,06. En moyenne, chaque bille rend ce qu’on y a misé, aux arrondis de jetons près : pas d’avantage de la maison. Et on joue avec des crédits (Cr), sans argent réel.
Elle se joue toujours à une table partagée, dans les salons : une bille commune toutes les trente secondes environ, les autres joueurs autour de toi, et le droit de laisser passer quelques billes sans miser. Les autres tables partagées sont le keno et le bingo.
Et si une série te paraît folle, souviens-toi de la soirée de 1913 où le noir serait sorti 26 fois de suite : c’est raconté dans notre article sur le hasard qui n’a pas de mémoire.